Une préoccupation est montée à notre esprit, nous poussant à nous interroger sur ce qui suit : « comment un député – quel qu’il soit, national ou fédéral – peut-il se prévaloir d’avoir bien rempli son mandat, sinon, convenablement joué son rôle ? »

Et alors, qu’est-ce qu’un député, quel est son rôle, son mandat, et quel serait son bilan ?

Un député est, en effet, un élu du peuple, pour le représenter au parlement. Il exerce traditionnellement le pouvoir législatif, qui peut signifier : produire des lois, contrôler l’action du gouvernement, et représenter les peuples, et l’Etat pourquoi pas ? Et, à titre de rappel, les lois sont comprises comme des règles générales impératives. Le député, lui, est élu dans une circonscription, un territoire géographique, subdivisé pour des raisons électorales. Elle est, en d’autres termes, une base dans laquelle on retrouve des populations qui ont des besoins qui doivent trouver solution.

Mais, pourquoi écrivons-nous cet article ? C'est-à-dire, sur le député, son rôle, son mandat, son bilan ? C’est juste que nous espérons de tout cœur que ce texte trouvera un écho en certains d'entre vous, et qu'il donnera aux députés, aux futurs députés, aux représentants d’autrefois, l’envie de présenter un bilan du mandat, que nous souhaitons écrit, suivant l’adage latin qui dit : verba volant, scripta manent. Notons que notre article ne parle pas du bilan collectif des députés, mais, du bilan personnel d’un député, comme le font les autres dans d’autres cieux. On en aura des exemples par la suite.
C’est vrai que le député n’a pas la mission de résoudre directement les desiderata de sa base. Cependant, il est l’interlocuteur, le défenseur, le lien, le relais entre l’exécutif et les populations. C’est à cet effet que le député sollicite la confiance du peuple pour être voté, promettant d’apporter des solutions à sa circonscription en pesant de son poids, auprès de l’exécutif ou gouvernement.

Nul n’ignore que c’est l’exécutif qui gère le pays ou la communauté au quotidien. Il aurait, dit-on, son programme, son budget qu’il défendrait devant les honorables députés. Le gouvernement de la RDC, par exemple, qui militerait pour ses défis, à savoir : le renforcement de l’Etat de droit,
le développement des infrastructures de base et des
services, la redynamisation des principaux secteurs de production, le renforcement du capital humain, l’amélioration des conditions sociales des populations, etc. Cependant, l’on déplore à Kinshasa, en République Démocratique du Congo, pendant les vacances parlementaires, l’absentéisme caractérisé des députés de Kinshasa de leurs circonscriptions électorales. Cette nouvelle est publiée dans un article du 15 septembre 2012 dans radiookapi.net.
Pourtant, à la campagne électorale, les députés lancent des promesses, à l’exemple de solutions préconisées quant à la pénurie d’eau, à l’électricité, aux problèmes du chômage, de l’éducation, de l’agriculture, etc.

Voici, en effet, Serge Letchimy, un député de la Martinique, qui dresse le bilan de son mandat. Ceci pourrait nous éclairer davantage dans notre article qui consiste à s’interroger sur le compte-rendu du travail d’un député à la fin de son mandat.Serge Letchimy a écrit que la députation était une mission qui lui était confiée par les martiniquais, à savoir, les représenter en 2007 à l’Assemblée nationale. Et au bout de 4 ans, il a souhaité présenter aux martiniquais un compte-rendu de son action au service de la Martinique et de ses populations.Le député martiniquais révèle que son bilan se résumait en 4 axes, dont : 2 211 amendements, 27 questions écrites et orales, 63 interventions en réunion de commission,73 interventions lors de séances publiques… Nous, nous pensons que grâce à ces interventions, son entité a bénéficié de réalisations du Gouvernement qui, certes, a trouvé importantes, opportunes et urgentes ces revendications.
Dans son rapport, Letchimy ajoute qu’il avait mené différents combats au Parlement, avec le souci permanent de l’avenir en tant qu’individus et en tant que peuple. Il s’est fortement investi sur des thématiques aussi larges, diverses et déterminantes pour son pays, pour son développement durable, partant de l’agriculture, logement, développement économique, sans oublier l’emploi, la santé publique, la lutte contre les discriminations, la promotion de la culture martiniquaise…
Aussi, renchérit-il : « A l’issu de plusieurs années de travail, j’ai par ailleurs pu déposer une proposition de loi sur la résorption de l’habitat insalubre votée à l’unanimité à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Nous connaissons tous le fléau que constitue l’indignité de l’habitat et j’espère sincèrement que les dispositifs législatifs que je propose pourront contribuer à améliorer la situation de nos compatriotes qui le subissent encore ».

Le député martiniquais conclut qu’il a, grâce au mandat lui confié, œuvré dans la lutte pour l’emploi, la cohésion sociale, le développement économique, la gouvernance écologique, l’agriculture, le logement, la culture, et la lutte contre les discriminations.De l’autre côté, nous avons lu le rapport de députation de l’honorable Pierre Yves Jehovet, député belge de la Wallonie, depuis 2009, qui résume son bilan de la manière suivante :

-  519 questions écrites
-  227 questions orales et interpellations en commission et en séance plénière
-  21 propositions de décrets,
-  18 résolutions et  9 motions

Mais ce bilan, dit-il, doit surtout se lire à travers différents combats qu’il a menés au Parlement, avec le souci permanent d’être constructif. En plus, il a notamment proposé une résolution qui avait pour but d’encourager la pratique sportive et l’activité physique en milieu scolaire, principalement, durant les heures de fourche, les heures de garderie, ou encore les périodes blanches dans le secondaire. La majorité n’a malheureusement pas souhaité mener une réflexion à ce sujet. Aussi, s’est-il battu contre l’injuste télé-redevance, sans parler de la Caisse d’Investissement wallonne dont seul le PS semble encore croire à l’efficacité.

En outre, il a interpellé sans cesse le gouvernement wallon sur sa réforme des licences d’armes, afin qu’il adopte un décret qui ne met pas un secteur en danger. Et encore, il a promis de continuer à réclamer un état des lieux des rémunérations ainsi que des avantages divers dont bénéficient les responsables des intercommunales et des organismes d’intérêt public, afin de pouvoir par la suite limiter les salaires de ces dirigeants.

Pierre Yves Jeholet avait également traité toutes sortes de dossiers, comme des combats pour le développement économique de sa contrée, pour la sécurité des camps des mouvements de jeunesse, pour un meilleur équilibre entre médias publics et privés. Enfin, notre article a pris en compte l’avis du député français, de 2012, Guydelcourt, qui renseigne que la mission la plus visible des députés est inévitablement le vote des lois. Toutefois, dit-il encore, le travail de fond d’un député s’effectue le plus souvent en dehors de l’hémicycle, dans les commissions et les groupes d’études. Et ça, nous pensons que les populations l’ignorent parfois.

Et, ce député voudrait que ceux qui recherchent le bilan de la députation considèrent également les fonctions que joue un député dans l’Assemblée nationale. Dans le cas de Guydelcourt, notons son appartenance à la Commission des affaires sociales, la Présidence du groupe d’études sur les droits de l’enfant et de l’adolescent et la protection de la jeunesse, le Secrétariat du groupe d’études sur les prisons et conditions carcérales, l’appartenance à de nombreux groupes d’études (Dépendance - Economie sociale - Humanitaire - Intégration des personnes fragilisées et handicapées - Presse - Professions de santé - Sectes - Tibet - Vie associative et bénévolat - Villes d’art et d’histoire et d’amitié) et à des groupes d’amitié (Vice-président des groupes d’amitié : Arabie Saoudite – Liban – Norvège…).

Devrons-nous le dire ?

Savez-vous que l'exercice du pouvoir s'avère dangereux pour la santé mentale de celui qui n'y est pas moralement préparé, et qui oublie que la détention du pouvoir est un moyen d'œuvrer pour la collectivité et non pour ses intérêts personnels. Nous vivons dans une période de l'histoire où nous retournons doucement au Moyen-âge, une période où une minorité domine par l'argent une majorité qui devient miséreuse… Notre monde se ronge. Et ce, depuis des dizaines d’années.
Nous ne parlons pas de ce qui ronge notre monde d’Afrique. Cependant, l’on peut profiter de révéler une fois de plus l’origine actuelle du non-décollage de nos Etats vers le développement. C’est l’égocentrisme. Des scientifiques qui analysent le domaine sociopolitique l’ont déjà dit. L’égocentrique, c’est ce politicien qui bosse en politique à des fins personnelles, qui se montre indigne de la confiance sociale, qui hypothèque les ressources nationales, qui dispose du bien public et qui s’enrichit pour endetter le peuple. Que deviennent alors ces pays lorsque l’art de diriger  ne sert qu’à duper, tricher, briser des rêves et créer des inégalités ? S’interroge le malien Cheick Oumar Keïta dans « maliweb.net ».

Guydelcourt a milité dans le social des personnes vivant avec handicap en rédigeant une proposition de loi visant à améliorer les conditions de ressources des personnes handicapées.

Et puis, un député wallon, de la Belgique, bien sûr, et Vice-président du Parlement de la Communauté française, Olivier Saint-Armand, a jugé bon, juste après une première année d’expérience (2009-2010) en tant que député régional wallon et communautaire, de dresser et présenter un bilan personnel de son activité. Ce, pour communiquer aux sympathisants et électeurs le fruit de son travail quotidien. Et, dans une attitude humble te sportive, il avoue que cette démarche lui a été inspirée par Marc Bolland, un autre collègue député, qui a réalisé lui aussi cet exercice d’évaluation.

Observez !  Désiré Bigega est reporter dans ‘Syfia Grands Lacs’, un journal en RDC. Il a publié sur le numéro du 24 août 2012 ce qui suit : « Goma : le bilan des députés provinciaux critiqué par les électeurs. Depuis que la date des élections provinciales, le 25 février 2013, est officielle, les élus reviennent sur le terrain pour tenter d'amadouer les électeurs. Mais ceux-ci déçus et critiques ne sont pas prêts à leur faire à nouveau confiance pour cinq ans.

D’autres s’improvisent bienfaiteurs et font des dons : leur charité est médiatisée par les médias locaux. Les habitants, eux, ne cachent pas leur dépit devant les résultats du mandat qui s’achève. "C’est toujours durant les périodes préélectorales que vous faites signe de vie. Vous croyez tromper la vigilance des populations. En cinq ans, vous n’avez rien fait de spécial pour les électeurs qui vous ont choisi", lance un habitant du quartier Mabanga Sud à un parlementaire venu avec un camion-benne rempli de graviers pour boucher quelques trous d’eau stagnante. Les parlementaires ainsi interpellés disent toujours la même chose. Ils promettent qu’ils feront mieux durant le prochain mandat, pourvu qu’on leur fasse confiance. "C’était une première législature, nous apprenions encore beaucoup à travers des débats et ateliers de formation organisés par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et les autres partenaires internationaux. Nous espérons être rôdés pour le prochain mandat", se défend Kenda Kenda, député provincial de Goma ».

Peut-être que par cet article, nous n’apprendrons rien au député. Du moins, nous savons que celui-ci a du boulot, comme : faire valoir, pour ses électeurs, leur point de vue au cours des débats et proposer des mesures en leur nom; prendre part au processus législatif, ce qui permet à ses électeurs de jouer au moins un rôle indirect dans l’élaboration de mesures importantes qui les touchent directement; faire une brève déclaration à n’importe quel sujet, intervenir pendant la période des questions dans l’espoir d’inciter un ministre à modifier ses politiques ou à mettre en place des politiques qui soient plus conformes aux vues de ses électeurs; intercéder par écrit ou de façon plus directe auprès des ministres à propos de questions d’intérêt public.

Et, ce que les députés d’une même région devraient faire souvent, c’est s’unir pour faire front commun ou former un genre de caucus régional dans le but de mieux faire connaître les préoccupations de leur région.

Il convient, avant de clôturer, que nous remercions nos interlocuteurs qui ont échangé avec nous au sujet de l’élaboration de cet article. Matthieu Mpukudi, éditeur du Journal Embouchure, Guy-Daniel Muika, juriste, Hyppolite Mbuilu, journaliste, Mc Arthur Mfundani, juriste et universitaire, Bénita Sambu, journaliste, Jules Nlenda, secrétaire en presse, Anicet Kwalu, journaliste, pour leurs diverses et constructives perceptions.

Au terme de notre rédaction, une question se pose sans cesse, à savoir :
Quel serait alors le bilan de député en Afrique… où des gouvernements souffrent de pauvreté indescriptible, où les chefs de gouvernements appartiennent souvent à la branche au pouvoir, où les forces de majorité aux parlements ne tiennent pas compte de pertinentes idées de minorités, où les populations ne votent pas idéologiquement et semblent ne pas très bien comprendre le rôle de député, où les entités fédérales n’ont pas libre exercice du pouvoir financier, où les chefs de gouvernements, pour les citer une fois de plus, ont leurs programmes bien établis devant des moyens bien limités,

et enfin, où la démocratie suffoque d’intérêts malins, mesquins, où les élus du peuple ne collaborent presque pas avec les exécutifs en place pour l’intérêt communautaire ? Bref, quel bilan pour le député ? A vous, chers lecteurs, de réagir ! Didier VEKA, Homme de Lettres&Philosophe/R.D.C. - didierveka@yahoo.fr

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