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Donner du goût de l’agriculture à la jeunesse :
une des thérapeutiques contre la misère et la pauvreté (Par E.Luzolo Nzeka)
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Si on ne le sait point, il faut le retenir. La terre n’exige pas une demande d’emploi pour l’embauche. Elle s’offre à toutes les demandes. Elle est d’une gentillesse sans pareil. Elle n’a pas besoin de se faire corrompre. Il suffit que leurs demandes y aillent vers elle pour directement être acceptés. Cette anecdote paraît vraisemblable à tous égards. Ce, compte tenu des opportunités que présentent tous les espaces arables. Il y en a plein dans la Province du Bas-Congo.

Il se dégage que tous ces espaces sont restés « sauvages ». C’est-à-dire qu’ils ne sont pas capitalisés par des mains valides. Tout le monde crie à la faim. La misère et la pauvreté se vivent au quotidien comme s’il fallait continuer à tourner les yeux vers le ciel pour attendre que la manne en tombe. C’est du passé lointain. On doit se mettre au travail pour prétendre gagner sa vie. Il n’y a pas des entreprises et autres structures évoluant dans le formel qui soient capables d’offrir des moyens de survie à la population. La terre s’y prête sans une quelconque condition. Tout dépend des efforts que chacun doit déployer pour ne pas continuer à le regretter et diaboliser les politiques.

La jeunesse désœuvrée est une véritable main d’œuvre à capitaliser dans plusieurs secteurs. L’agriculture en est un. Dans la mesure où cette jeunesse pour qui l’emploi s’avère être un problème difficile à résoudre peut se retrouver dans la lutte contre la misère, la pauvreté et la sous-alimentation. La crise alimentaire avec ses multiples conséquences  ne peut trouver de répondant qu’avec une jeunesse responsabilisée et capitalisée en faveur de l’agriculture. Ce secteur, point n’est besoin de le rappeler, est un ferment incontournable du développement de l’homme et de son environnement. Plusieurs nations se sont fait un renom au travers leur politique agricole qui les éloigne de cette crise alimentaire. Cette politique agricole bien conçue et appliquée en respectant tous les contours se compte parmi les moyens générant d’importantes recettes en devises.

Sensibiliser les jeunes pour une autoprise dans le secteur agricole

En sensibilisant la jeunesse congolaise sur les avantages à tirer de l’agriculture, comme source de revenus substantiels, on lui injecte cet élan patriotique de ne pas chercher à aller vivre dans d’autres pays. Cet apprentissage lui donnera le gout de cette aventure agricole qui lui éviterait la recherche effrénée d’un éventuel eldorado avec toutes les conséquences malheureuses qui en découlent. Pour ne citer que le cas de la Province du Bas-Congo, il s’avère que cette prétention de mère nourricière de la Ville de Kinshasa ne  peut réellement être perçue comme un apport considérable au plan interne et externe que lorsque que cette jeunesse va s’associer aux agriculteurs-producteurs ruraux exploitant de grandes étendues arables.

Le Dr Ibrahim Assane Mayaki, Secrétaire Exécutif de l’Agence du Nepad et ancien 1er Ministre du Niger dixit : « Deux tiers des africains tirent leurs revenus de l’agriculture. Les africains dépensent entre 50 et 8O % de leurs revenus pour l’achat de nourriture… Un autre aspect renforce le besoin d’investir dans l’agriculture. Il s’agit du seul secteur en Afrique qui peut absorber, au moins une partie, des millions de jeunes qui affluent tous les ans sur le marché de travail. L’Afrique étant le continent le plus jeune du monde. Si on n’arrive pas à donner d’avenir à ces jeunes, on devra faire face à une « bombe phénoménale » à l’image des révolutions arabes… »

Il faut qu’on arrive à pousser la jeunesse à ne pas considérer l’agriculture comme étant le refuge du chômage. Car, pour certains jeunes tant ruraux qu’urbains, travailler veut dire avoir un emploi rémunérateur dans une entreprise autre que l’agriculture. C’est dans ce sens qu’il faut que les Etats doivent penser aider les jeunes agriculteurs qui s’installent pour la première fois dans ce secteur à être bien encadrés, encadrés et motivés.

Tout compte fait, les plus grands défis majeurs de la jeunesse face à l’agriculture commencent d’abord par la revalorisation de l’image de l’agriculture dans les aspirations des jeunes, la réappropriation des techniques ancestrales et leur optimisation au moyen de l’éducation acquise, une écoute des pouvoirs publics face aux difficultés des jeunes dans ce secteur.